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| LETTRE AUX MUSICIENS CAMEROUNAIS | ||||||||||||||||||||||||||||
| Le Sanctuaire Marial de Mvolyé est une cathédrale des
temps modernes. Née sous l’impulsion de Monseigneur Zoa, elle est l’oeuvre
collective de centaines voir de milliers d’hommes de toutes origines et mettant leur
force au service d’une grande aventure matérielle, esthétique et spirituelle.
Après des années de travail et d’effort pour bâtir, les oeuvres
d’art vont traduire et exalter la signification primitive de l’ouvrage. La boucle
se referme. Au bout du chemin, il y aura bien sûr la joie du travail accompli
mais aussi le besoin de saluer et de fixer dans la mémoire collective la sueur,
la persévérance et le dévouement de ses ouvriers. C’est la fonction
de la musique de traduire la joie ; c’est la fonction de la parole de fixer la mémoire.
Nous devons ensemble écrire et chanter l’épopée du Sanctuaire
marial de Yaoundé dans le langage de notre siècle, celui de la communication.
Celui-ci est fait de sons, de paroles et d’images. Un compact disque, un clip vidéo
nous semblent être d’excellents outils pour porter à la connaissance
de tous les camerounais le sens de l’oeuvre qui leur est offerte. Au delà,
par l’universalité croissante du langage musical, ils permettront d’informer
le monde entier de son existence et enfin de témoigner à la postérité.
La balle est dans le camp de votre talent... Voici résumé les propos échangés sur ce projet qui peuvent être considérés comme la charpente philosophique de votre ouvrage. Il sera composé sept mélodies symbolisant les sept sacrements. Elles devront être suffisamment simples pour être chantées sans musique comme des melopées qui accompagnent le quotidien et le travail. Elles devront refléter autant la dimension matérielle que spirituelle, le travail des ouvriers et la vision théologique. Les oeuvres d’art feront le lien entre les deux dimensions. Elles devront utiliser les sons du travail dans l’univers musical. Elles devront refléter le Cameroun dans sa diversité ethnique et culturelle par des rythmes régionaux. Elles pourraient enfin porter sept noms de matière synthétisant l’oeuvre toute entière. 1 - “La terre” rouge représenterait la région centre ; la glaise dont Dieu nous a pétri à son image et à laquelle nous retournerons. La glaise qu’ont extrait les enfants de Mbalmayo de la rivière et dont seront faites les six céramiques des murs extérieurs racontant l’histoire biblique et évoquant les six sacrements. La terre parle de Doccrat, Roger, Pina et les autres ... 2 - “La pierre”, parle tout d’abord de la grotte de la Vierge et du rocher de la colline de Mvolié, taillé pour accueillir l’église nouvelle, sans oublier la pierre de l’ancienne église qui s’y trouvera incrustée. La pierre parle de ces ouvriers qui ont éclaté la roche pour façonner le site. La pierre parle enfin de l’autel, coeur du sanctuaire, que nous avons recherché de carrière en carrière avant de découvrir à Ngoulémakong celle qui nous attendait, perchée à 15 m de haut et faite du plus beau granit. Elle parle de la région sud qui l’a offerte, de ceux qui l’ont remarquée et choisie, et puis qui l’auront taillée. 3 - “Le bois”, rayon de la terre vénérant le ciel, le bois dignifié par la région Est, le bois dont est fait le sanctuaire marial rend hommage au savoir-faire technologique des charpentiers du sanctuaire... Vincent, Jean, Frédéric et les autres. Le bois enfin qui s’est offert à Nkong ondoua, l’Esingang sacré et vénéré par la coutume, l’arbre dont on dit qu’il protège contre les mauvais esprits et guérit douze maladies ; c’est lui qui s’est choisi pour représenter la Vierge Marie sous la voûte de lamellé-collé dont Monseigneur Zoa disait : Douze poutres pour les apôtres forment la nef en forme des toits du sud, les douze poutres dressées du choeur représentent la Vierge priant, protectrice du Cameroun. La Vierge est taillée par Bernard, Emile, Sandrine et les autres... 4 - “Le métal” est la force. Il reflète le violent effort des hommes à le contraindre. Il est dans les fondations du Sanctuaire Marial; tordu par les ouvriers, il arme le béton qui porte l’ouvrage ; Il réunit aussi les poutres de la nef comme la voûte de bois du chœur dont il contient tous les efforts ; il est la clef de voûte ; il forme le christ et le tabernacle, le bronze et la Région Ouest ; sa musique est la respiration du soufflet de forge comme le souffle de l’homme qui le transforme et de l’artiste qui le transfigure ; Il se souvient des ouvriers dont il faut rechercher le nom et parle de Raymond, pour le christ et le tabernacle. 5 - “L’eau” est la fécondité. Elle est la source de toutes les rivières et la mer qui les achève et nourrit; car elle est le poisson et évoque la pèche miraculeuse ; elle parle des fleuves et de la région littorale ; mais l’eau marque aussi le passage vers le ciel ; l’eau s’évapore et féconde à nouveau la terre par la pluie ; elle est le sang du monde qui circule perpétuellement et renouvelle ; venue des nuages elle est pure et purifie ... elle symbolise le baptême ; elle parle du toit de l’église, des ouvriers couvreurs, des douze apôtres qui abritent et orientent de leurs pensées les croyants. L’eau parle enfin, par les six fontaines, des six sacrements et de la purification de l’âme ; elles y évoquent les trois niveaux du monde créé - les mondes minéral, végétal et animal - et leur source dans le monde créateur - Dieu, les séraphins et les anges. 6 - “La lumière” est l’oeil qui perce nos âmes ; comme la justice elle tranche ; elle est le désert qui nous invite à jeûner et méditer ; elle nous dépouille de toute vanité ; elle crée l’humilité ; elle évoque le Nord et ses hommes silencieux et honnêtes. La lumière, c’est les vitraux de l’église, les menuisiers qui fabriquent les huisseries, Henri... et les autres... 7 - “L’amour”. Au dehors de l’église, au centre des six fontaines et des six céramiques, les portes sont le passage du monde profane fait de diversité humaine, dans l’enceinte sacrée où tous les hommes sont frères et l’humanité unie. Elles sont notre miroir : Les bandes verticales en bois sont les pages de la Bible (le battant de gauche l’ancien testament, celui de droite, le nouveau testament) . Le décor de bronze forme l’arbre de la vie qui raconte l’histoire de l’humanité comme le chemin de chacun d’entre nous. Au centre, comme une fécondation, la serrure de la porte comme le chas de l’aiguille représente la toute petite porte, la rencontre de Dieu au fond de soi. Comme une spirale qui se déroule, la vie apparaît... mains de bébé, de petits enfants, mains de confiance qui jouent ; c’est le premier cercle celui de ceux qui n’ont pas encore perdu le contact avec le divin. Le deuxième cercle parle de l’enfance et de la jeunesse, des joies de l’amour, de l’amitié de la tendresse ; les mains se touchent, se caressent ; le troisième cercle est celui de la maturité du devoir, du service, du travail, celui des hommes à gauche et celui des femmes à droite ; les mains sont unies dans l’effort. Le quatrième cercle est celui de la vieillesse, de la maladie et de la souffrance ; mains torturées ou déformées par la vie, chaîne de la servitude, mains qui prient et espèrent. Les deux mains du Christ enfin, crucifiées à l’extrême gauche et droite du décor en haut du dernier cercle, mains qui souffrent et pardonnent, entraînant tous les hommes dans son sillage. A l’origine Monseigneur Zoa affirma une volonté pour son peuple ... Unir toutes les ethnies du Cameroun dans une grande oeuvre collective : le Sanctuaire marial ; Aussi les mains des portes sont-elles les vraies mains moulées sur des hommes, des femmes et des enfants de toutes les ethnies du Cameroun. Au delà, il voulait convaincre que la misère n’est pas une fatalité mais une désespérance, une errance dont le Christ par la foi peut nous affranchir. Il disait peu avant sa mort sur le chantier (consultez Vincent Etaba pour plus de précision) “ le Cameroun est riche de tant de dons de Dieu. Il faut que les Camerounais apprennent à transformer la matière pour produire leur prospérité”. Il en aura prouvé la capacité par le sanctuaire marial. La septième chanson est donc aussi celle de monseigneur Zoa, le premier ouvrier de la cathédrale.. |
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SCHEMA DES SEPT OEUVRES MUSICALES |
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chante les terrassiers, les maçons
et chante les casseurs de cailloux chante les charpentiers L'EAU chante les couvreurs LE METAL chante les ouvriers du fer, les
fondeurs d'art LA LUMIÈRE chante les menuisiers L'AMOUR "nous sommes les
mains, Les musiciens des six chansons réunis,
Ces musiques seront prochainement
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